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Ses oeuvres et ses
amis restent. |
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Guido Molinari, peintre canadien
Le Monde,
25 février 2004
Le peintre canadien Guido Molinari est mort
des suites d'un cancer des poumons, à l'âge de
70 ans, samedi 21 février, à Montréal. Né à
Montréal le 21 octobre 1933, Guido Molinari
étudie le dessin à l'Ecole des beaux-arts de
1948 à 1952. La lecture en 1955 d'un article sur
Jackson Pollock le pousse à séjourner brièvement
à New York. De retour à Montréal, il travaille
en noir et blanc (1951-1961) avant de réaliser
des tableaux abstraits géométriques colorés,
souvent caractérisés par une alternance de
larges bandes verticales.
Auteur d'une thèse sur Molinari (université
Paris-IV), d'un livre (L'Harmattan, 2004) et
principale collaboratrice de l'exposition
organisée au Musée de Grenoble en 1998 par Serge
Lemoine sur l'artiste canadien, Camille de
Singly rappelle que, s'il était abstrait,
Molinari était cependant "opposé à une peinture
abstraite uniquement préoccupée d'ordre et
d'équilibre..."
Dès le début des années 1960, il travaille
"sur les phénomènes optiques et les notions de
rythme et de permutation", qui le conduisent
vers "des tableaux sériels aux couleurs vives".
C'est ce qui lui vaut de participer à
l'exposition "The Responsive Eye", organisée au
Museum of Modern Art de New York en 1965, un
jalon dans l'histoire de l'Op'Art, et ce qui
décide son pays à le choisir comme représentant
à la Biennale de Venise de 1968, où il remporte
le prix David F. Bright. Il recevra aussi, en
1980, le prix Paul-Emile Borduas, du nom du
fondateur de la modernité canadienne.
Martin Boisseau, qui fut son assistant dans
ses dernières années, a témoigné auprès du
quotidien québécois Le Devoir de son sens de la
couleur : "Il avait une compréhension assez
phénoménale de la cohabitation des couleurs et
de leur interaction. Je l'ai vu arriver avec des
pots de peinture préparés et je n'étais pas sûr
du tout des couleurs choisies, mais quand le
tableau était fait, ça fonctionnait très bien.
Il avait toujours raison."
Enseignant à l'université de Concordia de
1970 à 1997, amoureux de musique (un quatuor,
fondé en 1997 par la violoniste Olga Ranzenhofer
avec son aide, porte son nom), Guido Molinari
était également un militant de la cause des
peintres : "Il aimait la polémique, confie le
galeriste Eric Devlin au quotidien Le Devoir. Il
avait le don de provoquer des débats, à tort ou
à raison. Pour lui, c'était important de
discuter..." Pour les autres aussi, puisque son
action constante en la matière a favorisé la
reconnaissance d'un statut pour les artistes
plasticiens au Québec.
Harry Bellet
(source) |